05.10.07
Enigme technique (et paranoïa)
En visitant ce matin la page d'Orange pour voir ses mails, ma coloc est tombée directement sur la boîte de quelqu'un d'autre - qui avait 70 mails non lus, pas tous récents. Nous avons pu jeter un oeil à ses coordonnées, il habite derrière, à moins de cinquante mètres j'imagine, je ne sais pas trop. Et j'ai cavalé, mes trop rares connaissances techniques ne me permettant pas de comprendre ce qui s'est passé. Il n'a pas le même fournisseur d'accès que nous. Nous avons un modem wi-fi, mais avec une clé bidule et un filtrage des adresses MAC, en principe. Et même s'il avait utilisé notre connexion, ou le contraire,
1) pourquoi ne lit-il pas ses mails?
2) je ne comprends toujours pas comment notre navigateur se souviendrait de lui ??
Donc, si par chance quelqu'un de compétent passait par là et avait quelques pistes...
Ca me rappelle la fois où chez ma logeuse polonaise, à Londres, le téléphone avait sonné, c'était son voisin, et ils avaient passé cinq minutes à essayer de se convaincre mutuellement que c'était l'autre qui appelait et avait certainement quelque chose à lui dire...
04.07.07
Course Préliminaire d'Orientation Générale
quand à la fin bloguer vaut invitation au voyage ; Toulouse, "Première Journée"
(un usage du mot "encombrement")
..................................
" Recommandation. -- Dans cette première promenade, il serait oiseux de vous attarder aux détails ; vous n'aboutiriez qu'à un encombrement cérébral. Contentez-vous de saisir les grandes lignes, d'acquérir une nette impression d'ensemble. Des visites spéciales dans plusieurs des quartiers que vous allez parcourir sont prévues pour les jours suivants.
Vous pourrez parfois adresser à votre cocher quelques questions de dénomination, -- sans plus. A Toulouse, les cochers, en bons méridionaux, sont volontiers causeurs, mais peut-être manquent-ils de notions très exactes d'histoire et d'archéologie locales."
3 jours à Toulouse, "la Ville Rose" -- Petit Guide Pratique Illustré
Labouche frères éditeurs (début 20e ?...)
Par chance, ce n'est pas le cas de ma cyber, qui sait l'art de transmettre ; nous ne suivîmes donc pas du petit guide à elle par quelque autre blogueur offert la recommandation.
Grande ligne : Toulouse c'est beau, on est bien.
05.06.07
Scène de la vie du petit commerce
in memoriam Pierre Poujade ?
À midi dix, je passe la porte de la boulangerie. L’employée est occupée à ranger des baguettes, la patronne finit d’encaisser le client précédent puis ajuste nonchalamment une liasse de papiers. J’attends. Quelqu’un entre derrière moi et lance joyeusement :
− Bonjour Madame !
La patronne, un peu sèche :
− Salut Mamadou. Tu travailles pas ?
− Non !
− Féniant.
L’employée glousse. Le Noir se tait. La patronne, l’humour subtil, le visage fermé et la politesse à la chaîne, se décide à me servir. Une baguette et demi merci au-revoir.
Je ne sais que penser. Sa rudesse naturelle est telle que, sur le coup, il ne m'est même pas venu à l'idée qu'elle pouvait tutoyer Mamadou par connivence et manier l'ironie con brio.
J’aimais bien ma boulangerie.
20.05.07
1977 : - 4 : mariage pluvieux les eaux j’y rêve
Il y a trente ans
aujourd’hui, mes parents se mariaient, loin de Paris, loin d’aujourd’hui, il
pleuvait ce jour-là aussi − la pluie en mai c’est ce qui d’un coup me rappelle,
sur la place de l’église romane XIe s. du petit bourg qui semble
n’avoir jamais grossi depuis cette époque primitive, il pleuvait ce jour-là
aussi.
Venus j’imagine se
marier au village avant de repartir à leur vie loin de chez eux, de Paris
d’aujourd’hui dans le fond des forêts d’Ardennes, au cœur du rude hiver (jamais
je n’ai entendu notre mère nous parler ni de mai ni d’août ni de juillet dans
les Ardennes, jamais n’avais songé que les Ardennes aient pu connaître autre
climat, en 1977-81, qu’un constant rude hiver).
08.05.07
lundi 7 mai 2007
En
route vers l’été parenthèse aujourd’hui, temps de pluie, lumière allumée je
prends un chocolat dans l’après-midi, de retour d’une visite à la Librairie de
Paris dont je ramène Qu’est-ce
qu’un dispositif ?, petit texte (comme je les aime) de Giorgio Agamben
traduit par Martin Rueff, à partir de Foucault. Découvert par hasard dans le
rayon « Essais en poche », je m’étonne en l’ouvrant que les phrases
trouvées au hasard dans une spéculation sans caractère apparent de priorité
pour mon existence me passionnent. Du style, je crois.
Le début de L’insurrection qui vient du « comité
invisible », aperçu sur Lignes de fuite, me semble lui, au contraire, à la
fois parfaitement séduisant et complètement en porte-à-faux vis-à-vis de
l’histoire politique du jour dans ce (foutu) pays. Alors je le laisse, comme le
Lucot qui, d’une certaine façon, a périmé hier soir à 20 h ; et de toute
façon, je le crains, ne prêchera jamais que les convertis.
Tôt dans la soirée, en pyjama sur ma « couche », je
me décide à faire un sort aux Trente mille verges d’Apollinaire pour résoudre en moi je
ne sais quelles ardeurs. C’est très efficace, je m’arrête à la moitié,
stupéfait de ce ton grotesque et Grand-Guignol (c’est d’époque), de ce sadisme
vulgaire, ou − inconcevable − de potache. De ce sadisme grivois,
déshabillé de toute hypermorale (pour peu que le mot soit juste), de toute métaphysique.
Et, la conversion effectuée, c’est cette fois plein d’entrain
que je m’attelle à la tâche fastidieuse de saisir le texte de Karl pour la maquette,
réjoui d’écouter pour la deuxième fois seulement le Gould meets Menuhin gravé maison
que m’avait envoyé N. de Ljubljana, il
va y avoir deux ans. Ainsi, c’est maintenant seulement que je la rejoins en
pensée et que je la bénis de ce présent. Lui mettre un mot dans le silence.
Enfin je m’ébats dans le dispositif journal, jouissant bientôt à l’idée du geste ironique et espiègle de complaisance, dans le besoin (narcissique) ? la croyance non encore abjurée dans le jeter, ouvrir, d’une publication en ligne. Soi-même s’inquiéter…
(je tu me cherches)
09.04.07
du journal..............................................................
Difficulté
montés dans le train à Reims ce matin. À un jeune homme qui occupe l’une de nos
deux places je dis sans plus de forme et las par avance de plus de discussion,
et de ce record de France de désagréments accidents
compris qu’est la desserte Est avant, glorieux, le TGV, qu’ « excusez-moi, nous sommes
là » : perdu. Sans nous
regarder, il répond qu’il n’en a rien à faire, qu’il est ici, lui, et nous
voilà idiots à trois autour de deux places à négocier notre hic et nunc ; puis sitôt il
ajoute qu’il n’est pas un fraudeur. Il a payé pour sa place, y a pas de
réservations ici y a que dans les avions qu’on réserve, je conteste, mais pas
de règlement me dit-il parce qu’il n’y a personne pour le faire respecter,
c’est étrange me dirai-je a posteriori ; c’est du vent les petits papiers jaunes
glissés au-dessus des vitres. La voiture est quasi-pleine, B. me dit qu’elle va
chercher un contrôleur, et je reste là à côté de lui qui ne me regarde pas,
sans plus rien dire, je mets du temps avant de chercher et d’apercevoir une
place libre sans petit papier, et celle-ci aperçue je lui demande si ça ne le
dérangerait pas, Monsieur, d’aller s’y déplacer puisqu’il est 1 sans
bagages à déplacer et nous 2 qui voyageons ensemble. Il se lève et quitte la
voiture avec juste un murmure récalcitrant.
La vingtaine, altier, métisse aux cheveux noirs tressés, jogging basket. « Je ne suis pas un fraudeur ». « Je vous dis pas le contraire mais on a réservé ». Et je ne lui ai pas dit que j’avais réservé par inadvertance, que c’est gratuit. Il m'a semblé d'abord agressif puis, peu habitué au train, se comporter selon des codes inadaptés : par principe, on n'accède pas à la demande d'autrui, question de dignité...
K.
nous raconte qu’un jeune type à qui elle a dit bonjour une paire de fois en
allant chercher son fils à l’école parce qu’ils attendent régulièrement
ensemble au passage pour piétons est venue droit vers elle la troisième fois
pour lui demander d'un ton affirmatif : − t’as des origines ? . Il y
a deux ans, alors qu’elle marchait dans le campus, quatre types en voiture
s’étaient arrêtés, avaient baissé la fenêtre simplement pour savoir : −
c'est vrai que c’est toi la Sud-Africaine ? J’espère qu’à Paris ses concitoyens
cesseront d’exaspérer, de blesser K. C’est parce qu’elle est blanche, peut-être, qu’il leur faut poser la question…
Le
22 avril ou le 6 mai peut-être, je demanderai à ceux autour de moi qui
seraient tenter de récriminer parce que Ségolène Royal est battue, si elle l'est : et
toi, qu’est-ce que tu as fait pour qu’il en aille autrement ? Quant aux
autres, quoi ? Qu’ils peuvent compter sur mon opposition ?
L’entretien
de Jelinek m’enchante comme rarement, et comme rarement un livre
du genre. Le dialogue est fluide mais la parole bien écrite, c’est léger et
dense, bref mais substantiel, quand on ferme on a fait connaissance. Me réjouit
comme une rencontre qu’on regrette seulement de n’avoir pas faite plus tôt. Reconnaissance.
05.04.07
1994 : 13 / 13 grunge is dead - BROUILLON
5 avril, pour
marquer le coup, brouillon jusqu’à meilleure et plus ample élaboration, mais pour une
adolescence tout un livre aussi bien… et puisque, histoire personnelle mise à part, ce qu’il peut y avoir là à
formuler comme sens esthétique, comme valeur et comme pensée se tient justement
à peu près dans l’ordre défait du brouillon.
……………………………..………………………………………….
“ It is now time to make it unclear
To write off lines that don't make sense ”
Kurt Cobain “On
a Plain”
C’est il y a 13 ans j’avais 13 ans, cela fait-il sens pour
autant ? du 5 avril 1994, d’après les médecins légistes et mes quelques informations (car depuis lors c'est la première fois que je me pose la question), que doit dater
la mort de Kurt Cobain. Je n’ai pas de cet événement de souvenir précis comme
j’en ai de la solitude désolée qui m’avait prise dans le hall désert du lycée
ce mercredi midi où je sortais du CDI après avoir lu dans Le Monde que
Jeff Buckley s’était jeté ivre, en joie, au fleuve Mississipi.
En revanche, toute l’intensité de cette apparition de 1994
ressurgit quand j’en redécouvre aujourd’hui les images saturées d’écran de télé
filmé, si appropriées à l’objet, à l’expérience en jeu. Apparition parfaite,
dont la mise en scène ne m’apparaît clairement qu’aujourd’hui, mise en abyme
dans ces images d’images : ce qu’Antoine de Caunes présente comme « légèrement
impromptu », la guitare qui lâche dans le rappel, voilà qui
aujourd’hui ne semble pas moins concerté que l’humour des costumes (élégance
française ?), que l’expressivité beau boulot de la mise en image,
spectacle.
Mise en scène cependant transcendée par l’imminence du dénouement tragique.
Transcendée du fait que cette « première apparition de l’histoire
à la télévision française » est aussi, je suppose, la dernière, que
ces traces images de l’idole sont parmi les toutes dernières recueillies.
Transcendées absolument, ces images, par le cri d’après la mort de la guitare,
la fin de la musique, d’après la fin de tout à l’acmé de Drain You (voir à 2’15’’), seul cri qu’homme ait
jamais poussé comme, dirait un Georges Bataille, pour déchirer le ciel.
Sans pouvoir
m’empêcher de croire que, s’il avait trouvé l’issue, il eût été de ces artistes
que la maturité magnifie. En somme, les années de reniement passées, je
crois encore en Kurt Cobain.
à suivre, sûrement…
04.04.07
A nous deux, ...
... le ministère.
Cette année, la tendance est au bleu et blanc, avec un peu de rouge.
08.03.07
Le sexe des livres
« L’homme est ce qui lui manque. »
Georges Bataille
Ce matin, la radio me secoue doucement de rêves caressants
pour me dire que c’est aujourd’hui la journée des femmes. Dans ma béatitude
encore semi-baveuse, je trouve la nouvelle délicieuse, je me sens Julien Clerc.
Fort bien, fêtons-le, me dis-je. Laissez venir à moi les femmes du monde entier[1]…
Hourra pour les femmes.
Un quart d’heure plus tard, debout et quasi lucide, j’ai
l’idée de dénombrer la part des femmes et des hommes dans la deuxcentaine de
livres que j’ai gardés par devers moi après déménagement, pour voir. Ces
derniers mois, la sortie en poche de La Grande Beune offert à telle ou
tel, le travail d’un ami sur les problématiques de genres et d’avoir à débattre
régulièrement de textes, rapidement, au plan du goût, et à constater combien
souvent les camps étaient sexués, tout cela me donne le désir d’approfondir la
question du sexe des livres, des lectures. Et si j’ai un regret quant à mes
études passées, c’est que cet ordre de réflexion en ait été absent. En terme de
psychologie de bazar, c’est d’ailleurs un splendide patriarcat qui fonde encore
les études de lettres : où ce sont majoritairement des jeunes filles qui s’éclairent
du legs des grands hommes de lettres (dit comme ça en gros, ça fait froid dans
le dos).
Je n’ai finalement pas fait le compte exact. Parce que
c’était vite fait.
Sur la soixante-quinzaine d’auteurs que doivent représenter
ces deux cents livres, 9 femmes, 10 volumes et demi :
- Anonyme, cette éditrice berlinoise qui tient le journal de
la chute de Berlin en 1945, et des viols perpétrés par les soldats de l'Armée
rouge, que je
citais hier ;
- Elfriede Jelinek, prix nobel de littérature, Die Liebhaberinnen (Les Amantes), et le dernier numéro de la revue Europe. Pas rien en terme de féminisme littéraire. À travailler (sur la liste, L’entretien qu’elle a eu avec Christine Lecerf) ;
- Julia Kristeva, Soleil noir ;
- Béatrice Leca, Aux bords des forêts (c'est l'exemplaire que j'ai fait circuler qui m'est revenu) ;
- Madame Bovary, Flaubert ;
- enfin Chantal Thomas, Sade, la dissertation et l'orgie ;
Prêté les Ecrits de Laure à E., l'autre jour.
Conclusion :
1° les œuvres de Marguerite, que j’ai disséminées en poche,
sont au vert. Le
quarto est sur la liste, ça simplifiera quand même les choses. S’ils
pouvaient nous les faire complètes et en Pléiade…
2° c’est donc ça, ce manque cruel que je cherche à combler
en lisant des blogs !
Sur la liste : Laure Murat, La
loi du genre ; Andrée Michel, Que
sais-je ? Le Féminisme.
Bonne journée à toutEs.
[1] Je dis Julien Clerc, je devrais plutôt dire Daniel Balavoine (qu’ô stupeur, écoutait un cortège d’Airbus mardi), puisque « et partout dans la rue, j'veux qu’on parle de moi, que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi » en boucle dans l’autoradio de mon enfance n’a pas pu ne pas laisser de traces. Provision pour Ricochet 1986 : morts des dieux de l’enfance, Coluche et l’amant de ma mère : Balavoine.
20.02.07
La campagne à vélo
J’entends
chez
Jean Lebrun que le journaliste Raphaël Krafft réitère pour cette campagne
une expérience valeureuse parce qu’intempestive, qu’il avait faite je ne sais
plus quand, pour le référendum ?
À savoir partir à vélo, et micro à la main, à la rencontre d’une France qui ne blogue pas. Absence rédimée par son
entremise, puisqu’il tient un blog de voyage, La campagne à vélo, ou bicyclette2007.com.
Même temps, autres lieux, autres mœurs.


