29.09.07
"Bio"carburants, réquisitoire...
Levé matin, je me shoote à la catastrophe en écoutant un monsieur Fabrice Nicolino, auteur de La faim, la bagnole, le blé et nous
: une dénonciation des biocarburants (à paraître aux éditions Fayard
le 04 ocotbre 2007), dans l'émission "Terre à terre" sur France Culture. Ca réveille, c'est terrible. On entend que les biocarburants, la dernière fausse bonne idée, pourraient bien aggraver, entre autres, le dérèglement climatique (déforestation, transport des pays producteurs aux consommateurs...). Aussi : les problèmes de faim dans le monde, de quasi-esclavagisme, la puissance extra-démocratique de l'agro-industrie... On entend aussi -- et je me demande si en effet -- qu'on en est presque à deviser de la fin précoce de l'espèce, dans les salons, comme une chose entendue, nonchalamment. Si vous aimez les émotions fortes, écoutez, ça décoiffe... Pour peu qu'on doute, ne serait-ce qu'une seconde, qu'il n'y ait là que fiction...
(y a des moments comme ça, on bloguette...)
23.08.07
Autodafé
Ca existe encore, en France. Lignes de fuite en informe ceux qui, comme moi, ne l'auraient pas lu ni vu dans les journaux (et pour cause...).
+ on peut voir aussi ce qu'en dit Le bloc-notes du désordre
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23.08.07 - "Que s'est-il passé à Lagrasse ?" : compte-rendu détaillé sur le site des Editions Verdier.
12.08.07
Les grands esprits se rencontrent - document
...................................................vu d'un autre bout de la lorgnette...
« On va lui donner un hamburger ou un hot dog, comme il
voudra », a déclaré M. Bush en attendant l’arrivée de M. Sarkozy.
[…]
M. Bush a continué à détailler le menu, à l’occasion interrompu par sa
femme : « Il a des haricots au lard, a précisé M. Bush, s’il
aime ça les haricots au lard il peut en avoir aussi. (Du maïs du Maine,
a lancé Mme Bush). Il y a des épis de maïs grillés, bien frais à cette
période de l’année, a-t-il poursuivi. (Salade, tomates fraîches, a
ajouté la première dame). Si ça lui dit, il peut se prendre une part de
tarte à la myrtille, des myrtilles fraîches d’ici, du Maine. »
« Pensez-vous qu’il apporte du fromage ? » a-t-on
demandé à M. Bush.
« Je pense qu’il apporte de la bonne volonté », a
répondu le président.
[…]
Le déjeuner, auquel assistait des membres de la famille Bush, notamment
les filles du président, Jenna et Barbara, son frère Jeb et sa sœur Doro,
relevait bien plus des relations mondaines que des relations internationales.
« C’était plus important socialement et psychologiquement que
stratégiquement », analyse Ivo Daalder, expert des relations
franco-américaines à la Brookings Insitution [un groupe de réflexion politique
non partisan, N.d.T.].
[…]
M. Bush a bien précisé que ses vacances commenceraient véritablement lundi dans son ranch de Crawford, Texas. « Je suis texan, j'aime chez moi là-bas », a-t-il déclaré, ajoutant cependant après réflexion qu'il serait heureux d'aller retrouver M. Sarkozy en France, « surtout s'il me trouve un endroit où je peux me servir de mon V.T.T.».
Sur le plan intérieur, l’amitié Bush-Sarkozy ne devrait servir aucun des
deux hommes. M. Sarkozy s’est vu reproché chez lui d’être trop pro-américain,
et cela ne fait pas si longtemps que les députés républicains ont rayé le French des
fries pour le remplacer par freedom.
D’après M. Daalder, les Américains ne se soucient guère de savoir si leur
président fait la cour aux Français. « Le problème n’est pas de savoir si
les Américains le souhaitent. Le problème, c’est que Bush ne peut pas s’offrir le
luxe de choisir ses amis. Ces derniers temps, ils se font rares. »
M. Bush a quant à lui pris soin de ne pas paraître trop francophile.
« Non, je ne peux pas », a-t-il répondu à un journaliste
qui lui demandait s’il pouvait dire quelque chose en français. « Déjà
que je parle à peine anglais ».
Sheryl Gay Stolberg, New York Times, 12.08.2007
(traduction maison de chez nous, à Paris )
26.07.07
Merci Ariane
On a décidément besoin de grands hommes comme vous.
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Le Monde, 26.07.2007
28.06.07
Le bon air de la campagne
psychoses ordinaires du monde post-naturel, ou de la solidarité des territoires
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" « La présence de pesticides agricoles dans l'atmosphère en plein centre de Paris n'est pas une surprise », souligne Marc Chevreuil, de l'université Paris-VI, un des pionniers en France des recherches sur les pesticides dans les eaux de pluie et l'atmosphère. L'agglomération parisienne est entourée de grandes régions d'agriculture intensive et, quelle que soit la direction des vents, ceux-ci ont toutes les chances de charrier des gaz, des particules ou des gouttelettes de produits phytosanitaires. En effet, au moment de la pulvérisation, on estime qu'entre 25 % et 70 % des produits se volatilisent dans l'atmosphère sous forme gazeuse. Leur dimension est de l'ordre du nanomètre (un nanomètre = un milliardième de mètre), ils pénètrent à l'intérieur des poumons et passent facilement dans le sang."
Yves Miserey, Le Figaro, 28 juin 2007.
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"Sur le plateau nu on plonge, on remonte, et puis ça va loin. Si loin que les gens dans les champs ressemblent à des émois tremblotants de la terre, si loin que c'est beau, mais ce n'est pas beau à cause de la nature. La nature c'est comme le reste, c'est pas plus beau ni plus pur qu'une ville, que les zones commerciales ou les zones industrielles, que les éoliennes hautes et arrogantes au-dessus des épicéas. Des fois même la nature elle est comme ça, énervante et neurasthénique, à l'automne si moche et sale, boueuse et collante au printemps quand la neige poisse, arrogante avec le soleil intact de l'hiver, et ridicule si verte l'été. Pénible, ennuyeuse, comme tout le reste. Si pourtant le plateau me vient souvent autour de moi si beau, c'est juste parce que j'y vis. [...] Doubler notre air du climat des choses ça nous soulage partout, du moment que partout c'est là où on vit."
Emmanuelle Pagano, Les Adolescents troglodytes (P.O.L., 2007), pp. 61-62.
14.06.07
Votez Martine Billard !
Martine Billard est la
députée sortante de la 1ère circonscription de Paris, c’est-à-dire
mon ancienne députée. Je ne la connais
guère mais j’ai eu l’occasion de lui écrire à l’initiative de Génération
précaire, le mouvement des stagiaires, et le fait qu’elle soit femme et
écologiste me la rend sympathique. Dimanche, elle représentera les Verts, le PS, le Parti Radical de Gauche
et « le pluralisme »[1] au
deuxième tour des législatives dans le vieux Paris.
Vous me direz que ça
vous fait une belle jambe, à vous qui habitez Grenoble, Toulouse, Sarcelles ou
que sais-je encore ? la 18e circonscription de Paris... Et
que la lente dégénérescence de ces pages, ravalées au rang d’étal de petites
opinions politiques, est fort regrettable. Eh bien, vous voyez, je vous comprends.
Parce que quand le téléphone a sonné tout à l’heure, à 19h41, et qu’une voix
féminine, sémillante et pêchue m’a dit que le candidat du parti total [2] dans
cette 1ère circonscription qui n’est plus la mienne, voulait me
délivrer un message appuyez sur la touche 4, je me suis dit la même chose, et
même pire. Alors même si, à mon grand regret, il ne m’entendait pas, j’ai appuyé
sur la touche 4 et je lui ai dit « Va te faire foutre ». Et je suis
retourné manger.
Quand on n’a pas le goût
du débat démocratique, de la rencontre, de l’agora : la politique du fric,
et la branlette technologique à deux balles (largement facturée par la petite
entreprise d’un ami du parti qui se lève tôt, j’imagine). Big Brother dans
l’oreillette, qui vient vous expliquer la vie.
Une raison de plus, s’il en fallait encore, de voter dimanche pour Martine Billard, et
pour tous les candidats de la gauche et du centre "indépendant".
[1] Pour les non-initiés : nom de code du MoDem.
[2] Pour les n.-i. : nom de code de
l’UMP.
28.05.07
Opposition
Libération, 28 juin mai 2007.
23.05.07
Politique au jour le jour
C’est autre chose, d’un
point de vue plus petit et moins de l’ordre du projet que ce que commence là
Philippe de Jonckheere peut-être, mais oui, on a comme le besoin de tenir registre. L’état
de l’opinion…
Alors avant-hier c’est
la bonne idée d’entendre déblatérer sur France Info pour contrer l’effet
dimanche, et cet atterrement qui nous frappe depuis le 6 mai à l’écoute des
médias amis laquais du pouvoir – Sarkozy l’avait dit, il le fait ; Sarkozy
l’ouverture réussie ; Sarkozy l’action – à propos, que la télévision d’État soit désormais
une chaîne privée n’est pas la chose la moins déroutante pour l’entendement du
citoyen…
Sur France Info, donc, dimanche après-midi,
la speakerine est trop ravie d’annoncer que Martin Hirsch (comme les syndicats, comme les organisations écologistes) est rassuré sur
les projets de réforme du remboursement des soins, maintenant que Roselyne
Bachelot lui a expliqué – il n’avait pas bien compris, l’imbécile. « En
effet, hier, Martin Hirsch avait osé dire… avait indiqué qu’il avait
toujours été en désaccord avec ces mesures… ». Vous vous rendez compte, il
y a des gens dans ce pays qui osent dire qu’ils ne sont pas d’accord.
Ils en sont là, mais surtout ils en sont déjà
là, après quinze jours.
Ça, c’est pour la
politique des discours.
Ce matin, il me
faut appeler le service clients de Gaz de France (distribution). J’ai reçu il y
a quelques jours un courrier m’informant qu’en raison de l’ouverture à la
concurrence de la distribution du gaz le 1er juillet prochain (on
pourra choisir, comme pour l’ADSL, et en trois semaines on nous fera un
branchement sur un autre tuyau, moyennant de menus incidents à la marge ??),
le service « relevé confiance » est supprimé. J’ai donc reçu une
facture basée sur une estimation de ma consommation, parfaitement abusive :
surestimée de 131m3 soit de 195%, ils ont cru, à Gaz de France, que
je consommais plus au printemps qu’en hiver. C'est vrai qu'y a plus de saisons… je comprends surtout qu’à grande
échelle ils peuvent se faire beaucoup d’argent (en rentrant ce soir j’entends
ma concierge parler soucieusement de « facture intermédiaire ») et qu’ils
ont peut-être besoin d’une masse de bailleurs de fonds désignés volontaires
pour leur conquête du marché européen. Je fais éditer une seconde facture à mon
crédit après cinq minutes d’attente et répondeur me vantant des solutions de
chauffage vendues en partenariat avec je ne sais quelle banque…*
Ce soir, Gare du
Nord, au sortir de l’escalator, je tombe nez à dos avec un Nègre aux mains
entravées par une espèce de sangle de plastique elle-même reliée via menottes
au poignet d’un des quatre cmolosses qui l’encadrent. Sale et pauvrement
vêtu, la tête basse, il est très probablement dans son tort. Qu’il
retourne donc à ses plantations.
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* Sur la facture intermédiaire de GDF, d'autres témoignages ici et là (mais Gogole vous l'aura déjà signalé).
Dommage... (Vive la Belgique, 2)
... mais ça fait quand même chaud au coeur de constater que tout espoir politique n'est pas mort, sinon dans ce pays, du moins à côté.
08.05.07
Symboles
Il est parfois
dommageable de ne pouvoir citer comme n’importe quel papier le texte d’un
journaliste radio, car il en existe de délicieux. Ainsi cette analyse espiègle des
premiers gestes du Maréchal bientôt Président qui fait écho à ce qu’en
disait hier Samantdi :
« Pour habiter
la fonction et prendre la mesure de la gravité des charges − comme il le dit
lui-même − le nouvel élu n’a pas choisi la forme monacale. Il a retrouvé donc dimanche
soir ses amis pipoles au Fouquet’s […], ce qui a donné lieu […] à une vidéo à succès de Johnny Hallyday légèrement
éméché racontant la Cène avec le nouvel élu, et son élocution témoigne
sans doute d’un miracle évangélique : le changement de l’eau
en vin. Pour la suite de cette retraite spirituelle, Nicolas Sarkozy a
dormi dans l’une des cellules du même Fouquet’s avant de se retirer,
on le sait maintenant, sur un yacht de 60m appartenant à l’homme d’affaires et
milliardaire Vincent Bolloré. Mais au-delà de ces petits commérages, les
premiers actes des présidents élus sont toujours lourds de symbole, et nous
sommes là dans le symbole d’une rupture, l’homme qui a décomplexé la droite n’éprouve
aucun complexe à associer les ors de la République et l’argent des grandes
fortunes. »
Hubert Huertas, Journal de 12h30, France Culture, 8 mai 2007.



